Les puits océanique et terrestre ont perdu de leur efficacité (8 ppm) depuis 1960 à cause du changement climatique, particulièrement du fait de la déforestation des forêts tropicales.

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Une conséquence importante est que les déclarations de bilan carbone (émissions moins stockage) des pays lors des COP sont sous-estimées. La perte d’efficacité des puits de carbone rend encore plus urgente la réduction des émissions. Combien faudra-t-il encore d’études scientifiques de ce type pour que le monde prenne conscience de cette urgence?

(schéma de la séquestration naturelle du carbone extrait de: https://www.reforestaction.com/magazine/projet-sequestration-carbone)


Malgré l’adoption de l’Accord de Paris il y a dix ans, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) issues de la combustion de combustibles fossiles continuent d’augmenter, poussant les niveaux de CO2 atmosphérique à 423 ppm en 2024 et entraînant un réchauffement anthropique de 1,36 °C, à quelques années seulement du dépassement de la limite de 1,5 °C. La communication précise des sources et des puits de CO2 anthropiques et naturels est une condition préalable au suivi de l’efficacité des politiques climatiques et à la détection des réponses des puits de carbone au changement climatique. Cependant, des divergences notables entre les émissions et les puits déclarés ont jusqu’à présent empêché une interprétation fiable de leurs tendances et de leurs facteurs déterminants. Un article de Friedlingstein et al. publié en octobre 2025 dans Nature intégre les progrès récents en matière d’observations et de compréhension des processus afin d’aborder certaines questions de longue date concernant les estimations du bilan carbone mondial. Ils montrent que l’ampleur du puits naturel terrestre est nettement inférieure à ce qui avait été estimé précédemment, tandis que les émissions nettes résultant des changements anthropiques dans l’utilisation des terres sont révisées à la hausse. Le puits océanique est 15 % plus grand que le puits terrestre, ce qui correspond aux données récentes issues d’observations océaniques et atmosphériques. Le changement climatique réduit l’efficacité des puits, en particulier terrestres, contribuant à hauteur de 8,3 ± 1,4 ppm à l’augmentation du CO2 atmosphérique depuis 1960. Les effets combinés du changement climatique et de la déforestation ont transformé les forêts tropicales d’Asie du Sud-Est et d’une grande partie de l’Amérique du Sud, qui étaient des puits de CO2, en sources. Cela souligne la nécessité de mettre fin à la déforestation et de limiter le réchauffement afin d’éviter une nouvelle perte du carbone stocké sur les terres..

Impact du changement climatique sur les puits de carbone et l’augmentation du CO2 atmosphérique. (a) Impact simulé du changement climatique sur le puits océanique; (b), le puits terrestre; (c) leur effet cumulatif sur l’augmentation de la concentration de CO2 atmosphérique depuis 1960.

Explication: On s’attend généralement à ce que le changement climatique entraîne une réduction des puits de carbone terrestres et océaniques induite par le CO2 (par rapport à un cas théorique avec la même augmentation du CO2 atmosphérique mais sans changement climatique). À l’aide de modélisation, cet article estime que l’effet du changement climatique a réduit les puits terrestres et océaniques de 0,8 ± 0,9 GtC/an et 0,18 ± 0,1 GtC/an, respectivement, au cours de la dernière décennie (figure a, b), les régions tropicales représentant l’effet le plus important sur les terres. La réduction cumulée des puits terrestres et océaniques combinés s’élève à 30 ± 6 GtC (29 ± 6 GtC et 2 ± 1 GtC, respectivement) depuis 1960, ce qui signifie que la rétroaction carbone-climat a déjà contribué à hauteur de 8,3 ± 1,4 ppm (8 %) à l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère (Figure c).

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