A cause d’un déficit de moyens, les infrastructures françaises sont de plus en plus vulnérables au changement climatique (CESE)

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Selon le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) qui vient de sortir un rapport sur la vulnérabilité des infrastructures françaises au changement climatique, ces dernières sont souvent insuffisamment entretenues, parfois depuis longtemps, et ce retard cumulé d’entretien et de rénovation des réseaux routiers, ponts, réseaux ferroviaire, fluvial ou d’adduction d’eau, les rend vétustes et tend à les fragiliser. Beaucoup d’infrastructures sont et seront de plus en plus vulnérables face aux vagues de chaleur, les inondations découlant des précipitations extrêmes, le retrait-gonflement des argiles, les glissements de terrain, la submersion marine, qui s’amplifient… Ces phénomènes de plus en plus fréquents et intenses engendrent déjà des coûts considérables pour la collectivité.

Selon l’avis du Haut Conseil pour le climat (HCC), le déficit d’adaptation se creuse dans notre pays : « alors que le climat se réchauffe vite, les financements et la gouvernance tardent à se mettre en place ». Il convient aussi de prévenir la maladaptation, réponse d’adaptation mise en œuvre sans penser ses effets potentiels sur le changement climatique ni le risque de report des vulnérabilités. A la suite du GIEC et du HCC, le CESE insiste sur la nécessité d’investir dans l’adaptation des infrastructures pour à la fois diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre (atténuation) et améliorer leur résistance et résilience aux aléas du réchauffement (adaptation). Ceci est bien montré dans la figure ci-dessous issue des publications du GREC-Sud.

Pour le CESE, l’augmentation considérable des coûts de prévention et d‘adaptation des infrastructures doit être anticipée via une priorisation intégrant approche systémique et logique de solidarité. Cela a un coût mais il y a des externalités positives comme la réduction des gaz à effet de serre et des opportunités d’emploi et de développement. Le CESE souligne que des options de financement existent. Un défi majeur est que les impacts sont souvent locaux et que les collectivités territoriales manquent de moyens. Un autre défi est que les compétences nécessaires sont parfois manquantes et que les conditions de travail doivent être adaptées pour limiter l’exposition des travailleurs et travailleuses aux températures élevées. Le CESE formulent 21 préconisations réparties en cinq axes (identifier les risques, améliorer la gouvernance, mettre en place une politique systémique d’investissement, assurer les financements nécessaires, adapter le système assurantiel).

Dans son analyse de la situation, le CESE constate que le réseau ferroviaire français (le 2e après l’Allemagne) compte environ 28 000 km de lignes dont 14 600 km de lignes classiques structurantes qui supportent 90% du trafic. L’autre moitié est constituée de lignes de desserte fine (plus de 8000 km), de lignes à grande vitesse (2 800 km) et de lignes capillaires dédiées au fret (2 100 km). Ce réseau traverse 8 800 communes et transporte chaque jour 15 millions de passagers. Contrairement aux lignes à grandes vitesses (augmentation de 35%), le réseau français s’est rétracté de 9,6% en 10 ans contre une moyenne de 1,3% en Europe. Cependant, si les grandes agglomérations sont bien desservies, leurs périphéries et les zones rurales souffrent d’un manque d’alternatives à la voiture. Tout cela ne va pas dans le sens de l’histoire qui voudrait que le transport en commun remplace le plus possible la transport individuel. Les usagers constatent quotidiennement des retards liés à la vétusté du réseau ferroviaire classique et ce rapport nous annonce que cela va sans doute s’amplifier, d’autant plus que le gouvernement réduit le budget de la planification écologique.

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