L’IA réchauffe déjà le monde en créant de nouveaux ilots de chaleurs

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L’augmentation forte des services basés sur l’IA entraîne une prolifération constante des centres de données dans le monde entier, avec l’inévitable hausse de leur consommation d’énergie. Une étude récente par Marinoni et coauteurs révèle un effet encore peu discuté : les centres de données ne se contentent pas de consommer de l’énergie, ils chauffent directement leur environnement immédiat. L’étude met en lumière une réalité encore peu visible: l’IA n’est pas immatérielle, elle transforme physiquement les territoires, en créant de nouveaux îlots de chaleur.

En analysant vingt ans de données satellites, l’étude montre que la température de surface augmente en moyenne d’environ +2°C et parfois jusqu’à 9°C après la mise en service d’un centre de données. Ce réchauffement n’est pas global, mais localisé et directement lié à l’activité des infrastructures numériques.


Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’effet ne se limite pas aux bâtiments. La chaleur peut se diffuser jusqu’à 10 km autour des centres. Un réchauffement significatif persiste encore à plusieurs kilomètres (voir la figure). De véritables microclimats artificiels apparaissent autour des hubs technologiques. L’étude estime que plus de 340 millions de personnes vivent dans des zones exposées à ce phénomène, ce qui en fait un enjeu non seulement environnemental, mais aussi social et sanitaire.


À l’origine du phénomène : une consommation électrique massive et une dissipation de chaleur continue des serveurs. Toute cette énergie finit, inévitablement, par être rejetée sous forme de chaleur dans l’environnement. Jusqu’ici, l’impact environnemental du numérique était surtout évalué via les émissions de CO₂. Cette étude change la perspective en montrant que les centres de données sont aussi des sources directes de modification du climat local.

Les auteurs concluent qu’il faut absolument intégrer cet effet dans les politiques climatiques, repenser la conception et l’implantation des data centers, améliorer leur efficacité énergétique et thermique. A cela on doit ajouter qu’il est urgent de réguler l’usage de l’IA et des centres de données. Comme le montre un rapport du Shit Project, il n’y a pas de solutions d’atténuation de l’impact numérique sans sobriété. Ce qui est vrai pour tous les usages du numérique, l’est encore plus pour l’IA.

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