L’Ademe met son nez dans nos poubelles: le tri sélectif progresse mais la France ne fait pas mieux que la moyenne européenne. Par ailleurs, un rapport de la métropole d’Aix-Marseille montre un retard certain pour cette dernière.

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Depuis 1993, l’ADEME a développé une méthode de caractérisation des déchets qui permet de connaître la composition des déchets ménagers et assimilés. Elle vient de publier sa quatrième campagne réalisée en 2024. La comparaison avec les campagnes précédentes permet d’analyser l’évolution de la composition des flux de déchets caractérisés afin de suivre et évaluer l’impact des politiques mises en œuvre. On peut trouver une analyse synthétique dans l’article de The Conversation.


La poubelle grise, qui contient tous les déchets non triés, s’allège et les nouvelles filières de collecte s’inscrivent peu à peu dans les habitudes. Pourtant, il y a encore près de 70 % de déchets qui ne devraient pas s’y trouver (voir figure de l’Ademe). Des axes de progression restent donc à développer. Entre 1993 et 2024, le poids moyen de la poubelle grise a diminué de 44 %, passant de 396 kg à 223 kg par habitant. Un résultat encourageant, qui s’explique en partie par l’accroissement au cours de cette période de la mise en place du tri, qui n’était pas généralisé il y a trente ans.


La composition de ces déchets recyclables dans la poubelle grise se répartit comme suit (voir figure): un tiers correspond à des biodéchets, près d’un autre tiers, à des emballages et des papiers, 5 % à du verre, et 6 %, à des déchets qui devraient faire l’objet d’autres collectes, en particulier textiles et électroniques.

ADEME/MODECOM 2024 – Campagne nationale de caractérisation des déchets ménagers et assimilés

Un petit focus sur la Métropole d’Aix-Marseille démontre ce que tout un chacun peut constater par un simple coup d’oeil sur ce qui déborde de nos poubelles grises de la métropole. La présence d’une quantité incroyable de déchets dont la place devrait être dans les containers jaunes ou verts. En 2020, les déchets résiduels se sont montés à 381 kg par an et par habitant, la moyenne française 30 ans auparavant!


Les données européennes montrent que la France qui recycle 69% de ses emballages se situe légèrement au dessus de la moyenne européenne (68%) à la 10e place loin derrière la Belgique (80%) et même la Slovénie (74%). Le secret de la Belgique est un système qui fait payer en fonction de l’importance de la poubelle grise.


Même si les incitations auprès des ménages sont indispensables, il ne faut pas exonérer les producteurs de déchets, les entreprises qui abusent d’emballages pas toujours utiles et qui utilisent parfois des matériaux difficilement recyclables. En particulier les emballages dans le secteur de la restauration se doit de faire d’énormes efforts. Il faut inciter à privilégier le vrac et les consignes. L’Allemagne et la Belgique qui ont conservé leur système de consignes du verre, contrairement à la France, sont des exemples à suivre. Mais souvent, les lobbies industriels (comme Coca Cola) arrivent à freiner la généralisation de la consigne.

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