L’aviation ne pourra pas se décarboner sans réduire son trafic

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Nous dit un rapport récent publié par Aéro Décarbo et le Shift Project. Le changement climatique impose une pression croissante sur tous les secteurs, dont l’aviation civile. Ce secteur est responsable d’environ 3 % des émissions globales de CO2, un chiffre souvent sous-estimé en raison de la formation des trainées et d’ozone, qui peuvent multiplier par deux l’effet radiatif.

Le rapport dresse un état des lieux sans concessions : la décarbonation du secteur est compliquée. Les principales alternatives au kérosène, comme les biocarburants et les carburants de synthèse (e-SAF)1, feront forcément face à une disponibilité limitée, du fait des contraintes sur la biomasse, de la compétition avec d’autres usages essentiels et des besoins colossaux en électricité décarbonée. Pour respecter les engagements climatiques, une réduction du trafic aérien est indispensable. « Il faut cesser de croire à une solution miraculeuse qui permettrait simplement de changer de carburant sans rien changer au reste », expliquent les auteurs.

À l’horizon 2050, la production de biocarburants liquides devrait être deux à trois fois inférieure aux demandes des secteurs difficiles à électrifier, en considérant à la fois la croissance des activités, les gains en efficacité ainsi que les effets de la substitution énergétique. La figure ci-dessous le montre clairement et montre également que l’aérien devra compter avec les secteurs comme le transport de surface, l’agriculture, le transport maritime. La sobriété est donc le principe de base pour tous.

Pour rendre cette sobriété dans l’aérien acceptable pour tous, les auteurs du rapport nous disent qu’il est nécessaire d’engager sans délai un débat démocratique et d’expérimenter des mesures permettant d’agir simultanément sur :

  1. la réduction des incitations aux voyages : fin des programmes de fidélité, régulation de la publicité, rééquilibrage du signal-prix des billets d’avion;
  2. la limitation de la demande : quotas ou taxe sur le CO2 , sur le kérosène ou sur les kilomètres parcourus à l’échelle individuelle ou/et des entreprises ;
  3. l’encadrement de l’offre : limitation des capacités aéroportuaires, suppression des liaisons disposant d’alternatives efficaces ;
  4. l’encouragement aux alternatives : TGV, trains de nuit, bus, liaisons maritimes et connexions ferroviaires internationales).
  1. Les SAF (sustainable aviation fuels) sont des carburants liquides non fossiles, eSAF est un SAF synthétique dérivé d’énergie renouvelable, les bioSAF sont produits à partir de biomasse résiduelle ↩︎
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