Le 20e épisode de notre feuilleton climatique de fin d’été / automne.
Résumé des épisodes précédents:
Un thriller sous dôme de chaleur, des disparitions étranges dans plusieurs grandes villes de France! Météo-France annonce une canicule pour le mois de mai. Mais l’atmosphère est déjà étouffante en ce 26 avril 2026. Est-ce que ces disparitions ont à voir avec cette chaleur? Les disparus n’ont pas grand chose en commun. La police piétine… Quelques jours plus tard on retrouve les six disparus dans une belle villa climatisée en train de discuter devant un écran géant de télévision qui égraine des infos en continu. Entretemps, il y a eu un putsch écolo fomenté par six officiers. L’officier chargé de l’environnement explique que ce groupe séquestré appelé GX6 sera chargé de guider la politique environnementale des putchistes. Pour l’instant, le GX6 reçoit les enseignements d’experts. Tout ce processus est balayé par une grève des routiers suscitées par la droite extractiviste. Mais la révolution s’organise autour de manifs monstres de lycéens.
Octobre 2026 – Episode 20
Les lycéens réclament de meilleures conditions de travail (des salles de classes climatisées, des toilettes sans rat mais avec du papier toilette) et surtout la fin de la sélection par un algorithme obscur qu’est la plateforme PARCOURSUP. Leur avenir est bouché et le climat est un des facteurs de leur sensation d’abandon. L’idée que Macron revienne avec des pouvoirs accrus leur est insupportable. Tous les jours, les jeunes manifestent avec des pancartes toutes plus pertinentes et amusantes que les autres. Quelques exemples :
- Arrête de niquer ta MER !
- Parcoursup, soit tu vis, soit tu crèves
- Jeunesse méprisée, jeunesse mobilisée
- Etudiant.es sélectionné.es, personnel précarisé, du fric pour le service public
- Quand c’est fondu, c’est foutu
- Recyclez vos déchets, n’en faites pas des ministres !
- La planète, vous la voulez bleue ou bien cuite ?
- Changez la politique, pas le climat !
- Si la planète était une banque, vous l’auriez déjà sauvée
- Les bronzés ne feront plus de ski
- La Terre, y’en a pas deux !
- Plus de climat dans vos débats !
- On sèche les cours parce que vous asséchez nos ressources
- Un peuple debout ne rond-point !
- Je n’aurai même pas le temps d’avoir des enfants
- Urgence climatique, justice sociale même combat
- Agir au présent pour le futur
- T’es bonne sans carbone !
- Libérez les cyclistes enfermés dans leur voiture !
- Les calottes sont cuites
- La fonte des glaces ? Oui mais que dans mon pastis
- En vélo Simone !
- Chauffe ton mec, pas la planète !
- Pour un peu d’argent, ils tueraient terre et mer !
- La GenZ contre la Jet set !

Les lycées sont bloqués, quelques poubelles brulent, il y a quelques débordements comme dans toutes les manifs. Mais cette fois, les brigades de CRS chargent avec des grenades de désencerclement, des grenades lacrymogènes, des tirs de LBD. La plupart du temps sur des mineurs. Les parents sont scandalisés. Les profs se mettent en gréve et manifestent avec les jeunes pour les protéger. Mais le ministre de l’intérieur n’en a cure. Il accuse les jeunes d’être des casseurs. On parle de 6000 arrestations. Il y a effectivement des casseurs dans les manifs, mais ils sont bien moins nombreux que ce dit la police. En réalité, le mot d’ordre a été donné à la police de faire peur aux jeunes pour qu’ils rentrent sagement dans leur lycée.
C’est bien mal les connaître. Cela fait deux semaines que le mouvement dure. Ils ne s’arrêteront pas de si tôt. Ils sont maintenant tous branchés sur « Merci Boomers ». Ce qui frappe les observateurs, c’est le côté festif des manifestations en opposition avec le côté hargneux et offensif des forces de l’ordre et des politiciens. La joie d’un côté, la tristesse de l’autre. Il n’y a pas photo ! L’avenir est du côté de la jeunesse. C’est ce qui pousse les forces de l’ordre à être impitoyable. Il défendent un pouvoir obsolète.
Tous les soirs, Jasmina exige que le référendum soit élargi à une alternative: une 6e république oui, mais avec les officiers publics de la transition écologique ! Les anciens se rappellent leur jeunesse, le fameux mai 1968 qui s’était terminé par un référendum. Le pouvoir espère la fatigue des manifestants. C’est bientôt les vacances de la Toussaint, les lycéens vont rentrer chez eux et tout va se tasser, pensent-ils.
