Niveau record de chaleur accumulée sur la planète, température des océans au plus haut, calottes glaciaires au plus bas… La quantité de chaleur accumulée dans les océans a atteint un niveau record en 2025, avec des conséquences durables pour l’humanité, a averti l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
La température de la Terre varie en fonction de la différence entre le flux d’énergie du système terrestre entrant et et celui sortant. L’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, tels que le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitreux, qui ont tous atteint en 2024 (dernière année pour laquelle nous disposons de chiffres mondiaux consolidés) leur plus haut niveau depuis 800 000 ans, réduisant le flux d’énergie sortant du système terrestre. Ce déséquilibre énergétique de la Terre entraîne une accumulation d’énergie excédentaire.
L’une des séries d’observations les plus longues sur le changement climatique est celle de la température moyenne mondiale près de la surface. Les trois dernières années sont les trois années les plus chaudes des 176 années d’observations combinées sur les terres et les océans. L’année 2025 est la deuxième ou la troisième année (selon les données) la plus chaude (+1.43 °C ± 0 .13 °C au-dessus de 1850–1900), légèrement plus fraîche que le record de 2024 (+1.55 °C ± 0 .13 °C), en partie en raison de la transition d’El Niño au début de 2024 à La Niña en 2025. Le réchauffement observé à la surface et dans toute la troposphère ne représente que 1 % de l’énergie excédentaire piégée par les gaz à effet de serre. Pourquoi? Parce que 99% de cette énergie est captée par différents compartiments du système terre:
1) La grande majorité de l’énergie excédentaire – environ 91 % – a été absorbée par l’océan sous forme de chaleur. Le contenu thermique des océans a atteint un nouveau record en 2025, reflétant l’augmentation continue de l’énergie (voir figure).

2) 3 % supplémentaires de l’énergie excédentaire réchauffent et font fondre la glace. Sur un ensemble mondial de glaciers de référence faisant l’objet de mesures à long terme, huit des dix bilans de masse glaciaire annuels les plus négatifs depuis 1950 se sont produits depuis 2016. Les calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland ont toutes deux perdu une masse importante depuis le début des observations par satellite. L’étendue de la banquise arctique a diminué en toutes saisons depuis le début des mesures par satellite en 1979, et l’étendue maximale annuelle enregistrée en 2025 était la plus faible ou la deuxième plus faible jamais observée. L’étendue de la banquise autour de l’Antarctique a connu une légère augmentation à long terme jusqu’en 2015, mais depuis lors, les étendues tout au long du cycle annuel ont considérablement diminué, et les quatre dernières années ont enregistré les quatre minima de banquise antarctique les plus faibles jamais observés.
3) 5 % de l’énergie excédentaire sont stockés dans les continents, ce qui fait augmenter la température des masses terrestres et influe ainsi sur les processus terrestres.
4) Le 1% restant contribue à augmenter la température de l’atmosphère
Le réchauffement des océans et la fonte des glaces terrestres provenant des glaciers et des calottes glaciaires ont tous deux contribué à l’élévation à long terme du niveau moyen mondial de la mer. Un océan plus chaud se dilate. Le rythme de l’élévation du niveau mondial de la mer s’est accéléré depuis le début des mesures par satellite en 1993: de 1993 à 2011, l’élévation est de 2.65 ± 0.3 mm par an, de 2012 to 2025, elle est de 4.75 ± 0.3 mm par an.
En plus d’absorber la majeure partie de l’énergie piégée par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre, l’océan a également absorbé environ 29 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone au cours de la dernière décennie. Si cela contribue à atténuer les effets du changement climatique, cela modifie également la composition chimique de l’eau de mer, entraînant une baisse du pH dans un processus connu sous le nom d’acidification des océans, avec des impacts forts sur la biosphère marine.
Ces changements rapides et à grande échelle du système terrestre ont des répercussions en cascade sur les systèmes humains et naturels, contribuant à l’insécurité alimentaire et aux déplacements de populations là où les aléas se conjuguent à une forte vulnérabilité et à une capacité d’adaptation limitée.
